La puissance de l'empreinte

2020 peut vous emmener sur les traces d’une de vos empreintes.

2020, année de l’Empereur*, peut vous emmener sur les traces d’une empreinte qui sans le savoir a conditionné et conditionne peut-être encore votre vie. En ces temps de confinement nous voyageons plus facilement vers l’intérieur à la rencontre de cet invisible sceau qui a marqué notre chair au coeur même de ses cellules.

Qu’est-ce qu’une empreinte? De quoi parle t’on vraiment dans ce contexte où le langage symbolique prend volontairement le pas sur le rationnel?

Une empreinte est une impression qui s’impose fortement et qui laisse des traces. Celles-ci exercent une forme d’autorité psychique qui ne peut être confrontée que par une conscience élargie, plus grande que l’empreinte elle-même. Inspirée par le dictionnaire, je dirais qu’une empreinte c’est la marque d’un corps dur sur une matière plus tendre. Je vous laisse vous imaginer en matière tendre qui accueille cette pression venue d’ailleurs et qui pourrait expliquer les scénarios récurrents de votre existence.

C’est le cas de Violette, qui généreusement a accepté de partager des bouts de sa lecture en lien avec le Covid 19** et son histoire personnelle.


Empreinte

"Il semblerait que vous ayez été exposée au Covid 19, restez bien chez vous et prenez soin de vous."

Je raccroche la voix du docteur, la main légèrement tremblante. Depuis quelques jours, mes poumons brûlants, ma tête lourde, mon corps fébrile. Je m'entends respirer, essoufflée. J'ouvre la fenêtre. Dans le monde à l'arrêt, je joins mes mains en prière et lui demande pardon. Je sens brûler la Terre dans mes poumons. Elle cherche le souffle qu'elle nous a donné. Je sais que je vais arrêter de fumer. Et que je vais écrire à Louise Dollin, dans la foulée.

En moi, la peur. Le besoin de comprendre, aussi. Amener une plus grande conscience sur ce qu’il m’est donné à traverser. Ce virus inconnu qui parcourt la planète, et nous donne à éprouver de force l’interdépendance entre les êtres, les mondes, les pays.

La réponse de Louise par mail, très rapide, me rassure. Sa voix, rassurante et bienveillante, à peine deux jours plus tard, me propose un long voyage. Le plus long jamais entrepris. Tout ça, en restant chez moi. Sur place. Immobile.

Louise aborde d’abord la symbolique du virus, à l’échelle de notre monde en arrêt. Co-vid, "co", avec, "vid", faire le vide ensemble. 19, le Soleil, la nouvelle conscience. L’amorce d’un mouvement collectif. Peut-être une promesse personnelle. Une transformation. Un changement identitaire.

Chakra Couronne

Sur le plan symbolique, coronavirus, virus de la couronne. Le chakra le plus élevé. En cette année 4, sous le signe de l’Empereur, qui règne sur mon territoire? C’est aussi mon arcane d’identité.(1) L’épanouissement spirituel ne peut pas se faire sans un vide matériel. La consommation ralentit. On ne pourra pas revenir "comme avant."

J’écoute Louise dérouler son tirage comme elle décrypterait ma cartographie interne. Comme à chaque lecture, je suis soufflée de l’acuité de son regard, égal à sa profondeur.

Diable Renversé

À la question "que vient me dire le Covid 19", le Diable renversé sort. Louise m’éclaire.

"Le trajet que tu as à faire avec cette énergie-là, c’est traverser tes ombres. Traverser ces parties de toi où la lumière n’a pas encore réclamé son dû.

Parce que le 19 c’est le Soleil, c’est la lumière.

Le 15, le Diable renversé, ce sont toutes les parties de toi que tu n’aimes pas. Qui n’ont pas pu être aimées par tes parents, par la mère, ceux qui ont pris soin de toi quand tu étais petite."

Louise fait le lien avec un ancien courriel où je lui parlais de ma relation amoureuse actuelle. Dans laquelle mon épanouissement était difficile. Une des causes, mon compagnon trouvait certaines femmes "plastiquement parfaites" mais manquait de mots pour m’exprimer ce qu’il voyait de beau en moi.

Louise développe, encore. La partie de moi qui demande à mon compagnon de me dire que je suis belle est enfermée dans le passé. Car dans mon besoin de plaire, il y a la mémoire d’avoir déplu.

"Le coronavirus te met le doigt sur la fausse note, mais tu n’es pas la fausse note. Mais tu y as cru. Tu y as tellement cru, que c’est devenu une identité. Et pour la vivre, il faut constamment qu’on te dise, "non ce n’est pas ça", et ça devient quelque chose de lourd, au niveau relationnel. Et de peut-être pénible pour l’autre. Car quelque part, l’autre, dans sa dimension inconsciente, sait qu’il faut que ce soit ça qui parte. Donc, sait qu’il ne faut pas le dire."

Elle va plus loin.

« Tu n’as pas déplu aux hommes, tu as déplu à ta mère. C’est là où se passent les formes de déception, c'est à dire qu’elle aurait voulu que tu sois un garçon, que tu sois autre chose, que tu aies un nez différent, une autre couleur de cheveux… "

À ce moment de la lecture, Louise fait un silence. Je sens un autre chapitre s’ouvrir. Elle commence à me parler de ma mère. M’encourage à l’appeler. Me donne des idées de questions à lui poser. Le plus important est de lui demander toutes les pensées qui l’ont traversé depuis qu’elle a su qu’elle était enceinte de moi. Pour arriver à cette notion de déception, que représente le 15 à l'envers.

Empreinte dans la chair

Je sens l’impulsion. C’est le moment. Je décroche mon téléphone. Après un bref échange sur mon état de santé, je me lance. Je la sens étonnée. Mais elle perçoit l’importance de cette conversation pour moi. Et se prêtant au jeu, elle déroule ses souvenirs. Au bout d'un long moment d'échange, elle me dit que lorsqu'elle avait su que j'étais une fille, elle s'était effondrée en larmes dans le couloir de la maternité, tant elle voulait avoir un garçon. Elle était seule à ce moment-là. Mon père est arrivé plus tard, l'a trouvée dans le couloir, et lui a dit “Mais ce n'est pas grave.” Nous y sommes. Cette notion de déception intuitivement et brillamment ressentie par Louise.

Ma mère est consciente qu'il s'agit d'un désir de réparation, du père et du frère qu'elle n'a pas eus. Elle est consciente aussi que dans sa famille, les petites filles meurent ou sont abandonnées. Puis elle m'a dit cette phrase, éclairante, qui est comme un leitmotiv inconscient que je traîne depuis des années : "Je me suis dit tant pis, dommage, ça sera pour le 2ème ou 3ème". 

Dans mon enfance, je n'ai manqué de rien. Mes parents m'ont offert leur amour illimité, soutenant et formidablement sécurisant. Mais sous les fagots comme dirait Louise, de ma vie d'adulte, c'est ça qui est là. Le prochain mec, le prochain livre, le prochain métier que je ferai... seront "les bons."

Souvent, je vais d’envolées géniales en retombées brutales. Je parviens difficilement à m’ancrer. Mes couples se font, se défont. J’occupe de nombreux postes dans mon domaine du théâtre et de l’écriture, changeant sitôt un nouveau poste intégré, allant du clown à la marionnette, du jeu à l’administration. Toujours beaucoup de curiosité et d’enthousiaste : à chaque nouveauté, je me dis “Ça y est, c’est le bon.” Mais toujours, revient l’impression qu’il me manque quelque chose, que je ne correspond pas "complètement.”

Comment être présente à qui je suis, ici, maintenant? Comment arriver chez moi, en moi, réaliser que tout est déjà présent, parfait, que je suis ma propre vérité. En autoréférence. Libérer cette déception qui était présente dans l’esprit de ma mère, qui m’a projeté garçon pendant les 3 premiers mois de sa grossesse, et a été déçue. Je me suis pensée responsable de cette déception. J’ai pensé que je n’étais pas adéquate. Louise me parle de l’empreinte. Qu’en effet, cette mémoire est lointaine, profonde, difficile à reconnecter. Car le scénario ne s’est pas déroulé au niveau mental, mais cellulaire.

Empreinte cellulaire

Comme souvent dans ses lectures, Louise me donne une prière Ho’ponopono à adresser à cette part de moi blessée, identifiée à une déception, cette part que j’appelle “Ma petite.”

“Écoute, ma petite, je suis désolée, je te demande pardon, moi je croyais qu’il fallait que mon compagnon me dise que je suis belle, qu’il y croit pour moi, mais ce n’est pas du tout cela qu’il se passe, tu te sers simplement de cette situation pour attirer mon attention sur toi, ma petite qui est identifiée à une déception. Je te demande pardon, maintenant je vois, je comprends, je t’aime. Je t’aime comme tu es, avec cette croyance sur toi-même que tu es une déception, mais je te demande de lâcher-prise de cette identité. Merci."

Ce soulagement immense que j’ai ressenti en récitant la première prière. La sensation que quelque chose se détend, à l’intérieur, comme un doux baume appliqué au bon endroit. Comme un mantra, je réciterai cette prière à chaque fois que ma première impulsion sera d’en vouloir à mon compagnon, ou de me projeter dans un ailleurs idéal, utopique, ne correspondant pas à mon présent.

Louise m’encourage à prendre soin de cette petite blessée, à prendre soin de mon corps. Créer de la douceur, de la tendresse. Devenir une mère pour moi.

L’accompagnement bienveillant et lucide de Louise face au Covid 19 m’ont permis de trouver la clarté, et l’apaisement. De connecter la source profonde de la symbolique de ce virus. Je termine d’écouter la lecture, pleine de gratitude. Aujourd'hui, en écrivant ce témoignage, je suis guérie. Merci, Louise.

Violette Lalier - Dijon, France ~ Mai 2020

* Lire l'article sur l'annee 2020 en lien avec l'énergie de l'arcane IIII : L'Empereur

** Suite à la lecture pour Violette, j'ai crée une lecture du Covid 19.

(1) Violette fait ici référence à son chemin de vie dont l'arcane d'identité est celui placé en premier position dans la séquence des cinq arcanes qui le constituent.
En savoir plus sur la lecture du chemin de vie