Quelle pourrait-être l’origine d’une culpabilité inexplicable?

La réponse est souvent profondément enfouie dans l’arbre familial.

Joy, une cliente de longue date, est depuis longtemps et d’une manière admirable totalement dédiée à son chemin intérieur. Sa capacité de travailler à partir des lectures qu’elle a reçues au cours de toutes ces années, a créé un lien particulier entre nous, donnant corps à une confiance et une ouverture tout à fait exceptionnelles.

Je dois dire que toute lecture est le résultat d’une alchimie entre le Tarot (un corpus de connaissance et de sagesse), le tarologue (l’antenne) et le client (le réceptacle). Cette dynamique est particulièrement importante pour la lecture généalogique: un voyage au coeur des mémoires qui vous affectent au jour le jour à votre insu.

La lecture généalogique vous permet d’explorer et de devenir conscients de ces structures inconscientes mises en place il y a parfois bien longtemps. Son but est aussi de vous aider à retrouver les énergies bloquées et mises en veilleuse sous ces verrouillages inconscients.

Dans cet article, Joy partage ses défis et comment ils sont directement liés à son arbre et à son histoire familiale.

Culpabilité ancestrale

Depuis la maladie et la mort de mon père, j’éprouve de grandes difficultés face à l’anxiété sévère et à la culpabilité de ma mère. À la lumière de ces derniers événements, j’ai voulu savoir comment j’étais moi-même reliée à cette anxiété et à cette culpabilité familiale. Presque tous les membres de ma famille en souffrent. Je me suis dit que peut-être en explorant mes racines ancestrales je pourrais me défaire de cette tension et que cela pourrait aussi aider ma mère. J’ai donc demandé à Louise une lecture généalogique.

Le récit suivant décrit ce que la lecture m’a révélé. Louise a amené à la surface les liens traumatiques de cette culpabilité actuelle et comment elle a pris racine dans ma famille, traversant jusqu’à présent au moins cinq générations.

Une des veines majeures de ma famille a pris forme avec mon arrière arrière grand-mère qui a eu beaucoup d’enfants. La plupart d’entre eux sont morts de la tuberculose ce qui fut la source d’un traumatisme profond. Mon arrière grand-mère, une des rares survivantes, était emprunte d’un comportement compulsif lorsqu’il s’agissait de maladie ou d’hygiène et ceci sans vraiment savoir ce qu’elle essayait inconsciemment d’éviter. Elle a tenté de guérir la lignée en étant très précautionneuse et obsédée par l’hygiène. Effrayée par le sort de sa fratrie, avant de se marier, elle avait même fait jurer à mon arrière grand-père de partir dans le désert aux premiers signes d’une maladie respiratoire.

Douleur ancestrale

Une des manières qu’elle trouva pour gérer la culpabilité héritée de sa mère, a été d’être d’une auto-critique sans pitié, jusqu’au point de ne pouvoir aller communier à l’église catholique qu’une fois par an. Ma grand-mère est née en Arizona puisque ses parents y déménagèrent à cause de la peur viscérale de la mère. Ma grand-mère reçut le même prénom que mon arrière arrière grand-mère.

Ma grand-mère était aussi compulsive et scrupuleuse mais au lieu de l’être à propos de l’hygiène, elle l’était par rapport à la religion. Un des aspect de la lecture généalogique est d’élucider les différents rôles que chaque membre de la famille endosse.

“Votre grand-mère est une mutante dans l’arbre familial; elle prend les décisions. Elle est celle qui dans la lignée aurait pu amener un changement par rapport à cette culpabilité plombante. C’était son rôle. Elle a donc tenté des solutions, telle que la religion et la pratique sévère de la pureté.”

Progressivement, ma grand-mère est devenue verbalement punitive avec tout le monde. [Lorsqu’un traumatisme remonte l’arbre sans avoir été nettoyé, il s’éloigne de sa forme initiale, tangible et concrète et se métamorphose dans des expressions plus subtiles.]

Inconsciemment, cherchant à être libérée de cette culpabilité inexplicable, ma grand-mère par exemple, n’a voulu se marier avec mon grand-père qu’à condition qu’il se convertisse au catholicisme. Ce qu’il fit.

Nous atteignons maintenant la quatrième génération après le traumatisme initial. Ma mère fut le deuxième enfant de ma grand-mère. Elle est née avec une soeur jumelle en 1934. Ma mère était plus frêle que sa jumelle qui était la favorite. Sa soeur jumelle est morte à l’âge de trois ans d’une leucémie. Ma grand-mère a fait une dépression nerveuse et ma mère fut envoyée chez sa grand-mère où elle fut surprotégée par peur de perdre un autre enfant.

Ma grand-mère donna ensuite naissance à un garçon mort-né. Ma famille développa la croyance que les bébés meurent, accompagnée d’une forte emprunte de culpabilité. La soeur aînée de ma mère perdit quatre enfants, tous morts-nés à cause du facteur rhésus. L’ombre de la mort d’enfants a enveloppé la lignée du côté maternel. La culpabilité et la honte devinrent alors un refuge et une source de rédemption. Je me souviens de ma grand-mère comme d’une personne qui constamment nous mettait en garde contre nos actions car elles pourraient nous conduire en enfer et que nous devions trouver pour nous marier un bon garçon catholique. Son intensité était terrifiante.

Ma mère se maria avec mon père avant la fin de ses études. Elle commença immédiatement à faire beaucoup d’enfants. Vers la fin de sa quatrième grossesse elle alla faire une ballade à cheval et l’enfant est mort-né au septième mois. Je me souviens de ma mère me racontant qu’on lui avait dit qu’elle pouvait vaquer à toutes ses activities, mais en retraçant cette histoire je pouvais clairement percevoir une énorme culpabilité en elle. En dépit des recommendations du docteur de ne pas faire de cheval à ce stade de la grossesse, une force plus grande que la logique de son esprit la poussa à rallumer le traumatisme familial et à expérimenter la perte d’un enfant à son tour.

Sur les cinq enfants survivants de la fratrie, je suis la deuxième. Je ne me suis jamais mariée et je n’ai pas eu d’enfants ce qui, après l’analyse offerte par la lecture généalogique, fut une solution radicale au problème de la croyance centrale de mon arbre familial.

À l’opposé, une de mes soeurs ne pensait qu’à faire des bébés. Après le cinquième enfant, son mari lui a dit: “Ça suffit.” Elle aurait volontairement bien continué. C’était sa solution inconsciente d’essayer de guérir le traumatisme familial. “Si son mari avait été partant, elle aurait inconsciemment essayé de ramener tous ces bébés morts à la vie.”

À la cinquième génération, mon neveu s’est marié et sa femme alors enceinte de jumeaux à commencé à avoir des maux de dos mais l’hôpital lui conseilla de rester à la maison et de se reposer. Mon neveu aida sa femme à mettre au monde le premier enfant prématuré de 4 mois et le second naquit à l’hôpital. Les deux moururent seulement quelques jours plus tard. La famille était profondément traumatisée. Cette lecture m’offrit une telle mise à plat des schémas et le parallèle avec l'expérience de ma grand-mère me laissa totalement interdite.

Dans la lecture, Louise explique comment le sentiment de culpabilité et d’anxiété s’amplifie à chaque nouvelle génération qui n’en prend pas conscience et du coup ne fait rien pour nettoyer le traumatisme initial. Comme mentionné un peu plus haut, chaque membre de la famille joue un rôle spécifique. Je suis une protectrice dont le rôle est d’apprendre à se pardonner et à pardonner. “Vous vous êtes aussi attachée à cet arbre pour apprendre dans cette vie à pardonner. Une fois que vous vous mettez en lien avec l’arbre, même si vous partiez très loin de votre famille, même si vous coupiez la branche qui vous y rattache, vous ferez toujours partie de l’arbre. L’anxiété augmente chaque fois que vous ou quelqu’un de l’arbre se rapproche de la zone traumatique.”

Flot ancestral

Louise m’a offert des outils que je peux utiliser en méditation pour revenir et travailler avec mes ancêtres, pour les reconnaitre et leur offrir mon pardon. Et les remercier pour ce qu’ils m’ont apporté et de m’avoir voir mise sur terre et de m’avoir conduit à ce que je suis et où j’en suis aujourd’hui, un endroit d’où je peux accéder à la guérison transgénérationnelle.

Tout d’abord, lorsque j’ai reçu la lecture, je me suis sentie très lourde. Il y avait tant de blessures profondes dans toutes les veines de mon arbre familial. Comment allais-je pouvoir traverser et guérir tout ça? J’ai commencé à méditer quotidiennement avec mes ancêtres et les vivants qui ne peuvent pas tolérer ce genre de travail dû au niveau de conscience où ils se trouvent. J’ai commencé à me sentir plus légère. Mon sens de l’immédiateté et le niveau d’intensité en présence de l’anxiété de ma mère a commencé à diminuer. Je dors beaucoup mieux. J’ai parlé à ma mère et lui ai dit que je priais pour guérir toutes les générations de l’anxiété et de la culpabilité dans la famille. Elle m’a fait le cadeau de plus d’histoires familiales. J’ai commencé à ressentir de la joie et de la gratitude d’être vivante pour célébrer les membres de ma famille. L’anxiété de ma mère semble moindre aujourd’hui.

Je suis très reconnaissance de la beauté et de la profondeur du travail de Louise. Elle m’a aidée à être beaucoup plus paisible et en lien avec ma lignée et ma famille d’aujourd’hui. Il y a encore du travail à faire, mais comme elle le dit si nous faisons le travail du pardon cela répare le flot d’amour dans l’arbre familial.

Joy F. ~ Juin 2019

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